Pour battre le virus, détruisons le capital !

Communiqué de la Jeunesse Communiste de Lyon, des Bouches-du-Rhône et du Bas-Rhin

Battre virus battre capital

Le capitalisme est responsable de la crise économique, sociale et sanitaire, mais la fait payer aux travailleurs et y tire des profits
Malgré les interpellations des scientifiques et des personnels de la santé, malgré les aspirations et inquiétudes du peuple, le gouvernement de la bourgeoisie ne prend que des mesures de façades, inefficaces ou dangereuses.

Après ne pas avoir réagi pendant de longues semaines et moqué les autres pays, le gouvernement a décidé un confinement, certes nécessaire, mais saboté immédiatement par la poursuite du travail dans la plupart des entreprises, en particulier de l’industrie. Ces décisions dirigent notre pays vers un climat de psychose et de répression grave sans qu’aucun véritable dispositif sanitaire ne soit mis en place et surtout sans que les moyens ne soient donnés à nos hôpitaux et personnels pour endiguer et éradiquer le Covid19.

Les travailleurs sont mis en danger : seul le profit compte !

D’une part, chantiers, usines, entrepôts et de nombreux lieux de travail dont la production n’est pas de première nécessité sont encore opérationnels aujourd’hui, permettant au patronat de poursuivre sa quête de profit au mépris total des travailleurs, de la santé publique, des vies que coûtera cette irresponsabilité criminelle. D’autre part, rien n’est mis en place pour protéger les travailleurs (et usagers) de la santé, de la distribution, des transports, et de tous les secteurs dont le fonctionnement est essentiel malgré cette période de confinement. Dans le même temps où l’exploitation capitaliste suit son cours pour certains, intérimaires, CDD et autres se retrouvent non pas confinés mais purement et simplement renvoyés, licenciés, non-reconduits, sans autre motif que la cessation de l’activité. 

Alors que les boîtes ouvertes fourmillent, un dispositif de police se met en place progressivement dans nos villes et nos quartiers, menaçant d’amendes et de violences ceux d’entre nous qui n’auraient pas le bon papier, la bonne raison de se déplacer, avec toutes les dérives qu’un déploiement d’hommes en armes en mission sacrée peut entraîner, comme l’ont montré de nombreux témoignages venus d’Italie ou d’Espagne.

La quinzaine initiale avancée par le gouvernement ne trompe personne : il en faudra plus à l’épidémie pour se résorber, et les projets de loi d’exception en gestation annoncent déjà des possibilités d’extension. 

C’est pourquoi nous appelons à ne pas rompre les liens de solidarité ! Dans la période actuelle, il est du devoir de tous ceux qui sont conscients de respecter les mesures de sécurités sanitaires, tout en développant dans chaque immeuble ou voisinage une organisation pratique de solidarité immédiate. Rompre l’isolement n’est pas rompre le confinement : c’est empêcher qu’il devienne une arme de la réaction !

 

Dans l’éducation

Concernant la fermeture des écoles, si la mesure était nécessaire depuis plusieurs semaines, elle se fait, sans surprise dans le chaos total, dans l’irrespect des travailleurs de l’éducation et au mépris des élèves et des familles. 

Premièrement, la clôture des établissements met à jour la réalité de l’école de classe. L’imposition d’un suivi numérique des cours, en plus de mépriser le travail des professeurs, est une mesure inégalitaire sanctionnant de facto l’ensemble des élèves ayant difficilement accès à internet, surtout à l’heure où bibliothèques et médiathèques sont fermées. Cette mesure sanctionne par là-même les élèves ayant des difficultés pour lire et écrire. 

Le ministre de l'Education Nationale, J-M Blanquer, avait assuré aux enseignants des lycées qu’ils pourraient utiliser la plateforme en ligne pour y déposer leur cours, des vidéos et autres matériels nécessaires. Or, le réseau ne peut assurer les 15 millions de connexion. La réalité c’est que des milliers de lycéens ne peuvent avoir accès à cette plateforme. Pourtant, rien n’est encore annoncé concernant les épreuves du BAC qui devrait se tenir sans report. Les épreuves orales de langues sont reportées mais devraient se faire dès la reprise des cours bien qu’aucun enseignant n’aura pu finir le programme essentiel à cette épreuve.  Derrière l’enfumage d’une poursuite « normale » des cours par télétravail, le gouvernement ne fait que expérimenter ses plans catastrophiques de renforcement de la sélection de classe déjà amorcée avec la réforme du Bac, les E3C ou la réforme du lycée professionnel. Il profite en plus de la situation grave du pays pour mener un test à grande échelle de restructuration du travail dans l’éducation, un pas de plus en avant vers la privatisation.

Pour les précaires

Concernant les apprentis, la situation n’est pas moins grave ! Malgré la fermeture des centres d’apprentissages ils poursuivent pour la plupart leur formation en entreprise. Des patrons imposent des temps pleins sans aucune augmentation de la rémunération. Dans le même temps, du télé-enseignement est mis en place pour faire office de remplacement des périodes de formation théoriques. Présenté la plupart du temps sous la forme d’exercices à rendre, ce travail supplémentaire n’a rien d’anodin puisqu’il impacte sur les notes des apprentis et donc l’obtention de leur diplôme.

Quel est le résultat ? Les alternants travaillent à temps plein, dans les mêmes conditions sanitaires que le reste des travailleurs, pour un salaire à moitié inférieur au SMIC, sous la menace du diplôme. Mais dans le même temps ils sont contraints à un travail supplémentaire de rendu d’exercice, de lectures etc.

D’une part cette formation théorique est un piteux ersatz, d’autre part elle n’est pas rémunérée alors qu’elle est assimilable à du télé-travail. Non content de faire des apprentis des travailleurs payés à moitié, les CFA leur imposent des heures supplémentaires non payées ! 

Une fois de plus, loin de régler les problèmes, les mesures du gouvernement ne font qu’exacerber des pratiques existant déjà, ne font que renforcer l’exploitation et la précarité.

L’affolement du patronat et le renforcement de la précarité se manifeste déjà chez les intérimaires. Une majorité d’entre eux sont renvoyés sans autre forme de procès et ne toucheront même pas les maigres indemnités que toucheront les travailleurs en CDI ! Autant de travailleurs qui seront rapidement en difficultés pour se nourrir ou payer leur loyer. 

Malgré la réalité pandémique et les ravages à venir, le gouvernement et le patronat se fichent comme de coutume de jeter des travailleurs dans la misère. Le patronat licencie les travailleurs mais n’hésite pas à en mettre d’autres en danger. Quand la perte des profits est trop forte, les sites de production restent ouverts, c’est le cas par exemple de Amazon où les travailleurs ont commencé une grève dans plusieurs villes de France.

Les travailleurs précaires travaillant pour les plateformes de livraison comme Uber ou deliveroo continuent de livrer pour que les restaurants et ses plateformes sauvegardent leurs chiffres. Avec le statut « d'indépendant » que le patronat leur a donné, ils sont contraints de subir le danger pour ne pas se retrouver sans revenu.

Pour les travailleurs subissant déjà cette misère, pour les 11 millions de privés d’emplois et de précaires que compte notre pays, ces mesures inutiles et dangereuses vont également poser d’innombrables problèmes concernant les indemnisations de Pôle Emploi ou le versement des allocations de la CAF. De plus, au mépris de la réalité, le gouvernement se servira de cette dématérialisation forcée pour justifier sa généralisation.

La crise dans le monde

Nous affirmons que si le patronat continue de faire travailler les salariés malgré l’atteinte fatale que cela pourrait représenter pour eux ou leurs proches, c’est parce qu’ils sont à la recherche de toujours plus de profits. Les Etats, au même titre que l’UE, n’organisent pas la solidarité entre les peuples mais leur mise en opposition, pour les intérêts du système impérialiste.

A l’heure où les pays du monde entier devraient agir à l’unisson pour efficacement et, certainement sans grande complexité, éradiquer le Covid19, ceux-ci jouent toujours la division et la concurrence capitaliste. Si on travaille en France, c’est parce qu’on travaille en Italie, si on travaille en Espagne, c’est parce qu’on travaille en Chine et partout ailleurs ! Aucun impérialiste ne risquera la place de son monopole pour des questions de santé publique. Pire, les impérialistes utilisent cette crise pour s’assurer leur profit au détriment des conditions des travailleurs et de la tension mondiale. Les impérialistes n’ont jamais fait cas des pertes de vies humaines dans leurs guerres, ils n’en feront pas plus face à une pandémie.

Aussi, les médias parlent déjà de la crise économique à venir, comme si celle-ci allait être le fruit de la crise sanitaire mondiale. La réalité est que l’impérialisme est un système de crises permanentes. Casse des droits des travailleurs, casse de la Sécurité Sociale, gel des salaires… Cela fait des années que les capitalistes nous font payer leurs crises autant intempestives qu’inévitables. La crise financière actuelle est le résultat d’une nouvelle crise de surproduction capitaliste. Depuis plusieurs mois, des économistes de plus en plus nombreux alertaient sur la crise à venir. Le coronavirus en a été l’élément déclencheur final, certainement pas la cause profonde.

Ce qui est certain, c’est qu’en faisant main basse sur les 300 Milliards « d’aide » proposés par le gouvernement aux entreprises, en licenciant des dizaines de milliers de travailleurs, en faisant travailler d’autres à marche forcée, les capitalistes vont grossir leurs profits. Si la crise économique survient, ils pourront prétendre que celle-ci est due à la pandémie et faire diversion sur la réalité. La réalité, autant scientifique que la létalité du Covid19, est que le capitalisme est un système de crises et que celle qui surviendra n’aura rien d’extraordinaire dans un système de surproduction comme celui dans lequel nous vivons.

“Nous sommes en guerre” … de classe

Emmanuel Macron l’a dit à plusieurs reprises, « nous sommes en guerre ». Oui, et nous n’avions pas eu à attendre hier pour le savoir, Macron est en guerre contre le peuple travailleur de France. Oui, nous sommes en guerre et cette guerre, qui dure depuis des siècles, c’est la guerre de classe. Cette guerre c’est la guerre entre la bourgeoisie et le prolétariat. C’est la guerre entre leur camp et le nôtre. C’est leur guerre pour la privatisation de l’hôpital public, la casse de la Sécurité Sociale, des retraites, de l’assurance chômage, des services publics. C’est notre guerre pour le droit au travail, le travail avec des droits, le droit à la santé, au logement, à la dignité. 

Déjà le gouvernement rédige une nouvelle loi qui vise à faire passer à 48h le temps de travail hebdomadaire, et permettre aux entreprises de stopper les congés payés et les jours de repos. Présentée comme temporaire, ce projet est surtout une partie de la nouvelle guerre économique

C’est notre guerre pour le renversement de leur système, monstrueux et aberrant qui sème la misère et l’insécurité dans le même temps qu’il provoque ses propres contradictions. Face à un système qui, après avoir cassé le service public hospitalier, s’étonne de ne pouvoir contenir une épidémie, face à un système qui, malgré une épidémie grave, continue d’exposer des travailleurs, face à un système qui s’imagine pouvoir faire taire un virus comme il s’imagine faire taire la colère populaire, par la matraque, il ne peut il y avoir d’autre réponse que la guerre totale !

Le gouvernement dans sa manière de présenter et organiser le confinement ne fait que semer la peur et rompre le lien social. Nous devons protéger notre santé mais ils ne nous empêcheront pas de continuer à nous organiser ou échanger. Dans cette période difficile, nous ne devons pas nous oublier les uns les autres, nous devons continuer à partager nos expériences, nos ressentis et nos luttes. Pour cela, n’hésitons pas à utiliser les réseaux sociaux. 

Plus que jamais il est temps de rejoindre la lutte et l’organisation !

Durant cette période de confinement nous exigeons de toute urgence :

  1. Des embauches massives dans du personnel de santé en CDI, à statut le cas échéant, et dans du matériel adéquat pour les hôpitaux.
  2. La titularisation de tous les personnels de santé en situation de précarité
  3. La distribution gratuite à la population de matériel de prévention de l’épidémie
  4. L’encadrement des prix de tous les produits de première nécessité pour enrayer la spéculation
  5. Le maintien de tous les salaires à 100%
  6. L’assurance du revenu garantie à tous ceux qui ne peuvent plus exercer leur métier, y compris les travailleurs non-salariés
  7. La suspension de tous les licenciements
  8. Le renouvellement automatique de tous les contrats CDD, intérim, etc pendant le confinement
  9. L’indemnisation à 100% de leur ancien salaire de tous les privés d’emploi

 

Cette situation de crise nous pousse, plus que jamais, à lutter :

Pour le retrait de toutes les réformes anti-populaires contre les retraites et le chômage

Pour défendre et reconquérir notre système de sécurité sociale et le service publique de la santé

Lycéens, étudiants, travailleurs précaires ou privés d’emploi, soyons exemplaires. Face à l’irresponsabilité du patronat et du gouvernement, restons solidaires, adoptons les bons gestes et les bonnes pratiques, faisons confiance à nos camarades travailleurs de la santé, appliquons sérieusement leurs recommandations. Attendons patiemment que celles et ceux qui, malgré les attaques du patronat continuent de faire vivre nos hôpitaux, aient éradiqué cette menace. Dès maintenant et après la crise passée, souvenons-nous que seul le peuple sauve le peuple et que ce sont ses ennemis qui l’ont mis en danger. 

Soyons prêts à lutter massivement, une fois la pandémie éradiquée, pour imposer un retour de toutes nos libertés démocratiques et leur pleine extension ! Seule notre inaction peut permettre au capital de transformer l’état d’urgence sanitaire en état d’exception permanent. 

Dès maintenant et une fois passée la crise, frappons un nouveau coup contre la bourgeoisie, ne les laissons pas se refaire les plumes sur notre sang et notre sueur ! Dès maintenant et une fois passée la crise, poursuivons la grève, poursuivons la lutte !

Nous aurons le dernier mot sur ce système, car c’est nous qui le faisons tourner.

Pour la révolution et le socialisme ! Organise ta colère !

 

 

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