grève

Train

Ce mouvement ne concerne que la sécurité, Face aux mensonges de la direction et de l’état : solidarité ouvrière !

Ce 16 octobre, un TER avec 70 personnes à bord a percuté un convoi exceptionnel à un passage à niveau. Si les circonstances de cet incident restent à déterminer, ce sont les conséquences qui sont alarmantes et qui ont déclenchées une vague de dépôt de droit de retrait chez les conducteurs ( ADC - Agent  De Conduite) et chez les contrôleurs ( ASCT - Agent du Service Commercial Train ). Contrairement à ce que la SNCF proclame et ce que le gouvernement reprend il ne s’agit pas d’une grève mais d’un mouvement de droit de retrait. Les cheminots refusent de faire circuler des trains qu’ils jugent mettre les passagers et agents en danger, ce que l’inspection du travail a confirmé.
 

A cause des réformes de la direction la gestion d’un incident est devenue extrêmement dangereuse
Le train qui a déraillé circulait en dispositif " équipement agent seul" (EAS) qui autorise le train à ne circuler qu'avec un seul agent à bord, le conducteur, sans agent pour l'accompagner.
C'est ce dispositif qui est aujourd’hui remis en cause par les cheminots. Lors de l'accident, le système de radio est tombé en panne, rendant impossible la communication avec les agents de circulation pour qu'ils arrêtent les trains se dirigeant vers l'accident. Normalement dans ces cas-là, l'agent accompagnateur qui possède sa propre radio peut prendre le relais or il n'y en avait pas.
Le conducteur après avoir éteint le feu dans sa cabine a dû faire face à deux procédures à la fois obligatoires et contradictoires : protéger les voyageurs en verrouillant toutes les portes et protéger son train en sortant sur la voie.

Il a fait le choix de protéger son train et les voyageurs qu’il contenait ainsi que le reste des trains circulant se dirigeant vers l'accident pour éviter qu’ils ne provoquent un sur-incident.
Le conducteur, blessé, a donc allumé une torche à flamme rouge et s’est rendu à une distance de 1500m de l'avant du train (distance maximale nécessaire à l’arrêt d’un train) afin d’y poser la torche pour signaler l'accident. Ce qui a d’ailleurs permis d’éviter la collision avec un train de fret.
Ce n’est qu’après que le conducteur a pu revenir s'occuper des passagers (13 blessés et 2 femmes enceintes).
Cette situation qu'il a dû gérer seul, sans l'aide d'un autre agent est directement lié à la volonté meurtrière de la direction de la SNCF qui préfère mettre les usagers et les cheminots en danger plutôt que de payer des agents pour sécuriser et accompagner les trains.



Ce sont pour ces raisons, invoquant un danger immédiat réel, que les conducteurs et les contrôleurs de tout le pays ont utilisé leur droit de retrait, craignant pour leurs conditions de travail, leurs vies et celles des usagers aux vues de tous les dysfonctionnements engendrés par la mise en place de l'EAS.
 

Une prochaine réforme qui annonce plus d’accidents
Et la direction de la SNCF ne compte pas s’arrêter là. La prochaine réforme interne consiste en la suppression de l'autorisation de départ. Il s’agit d’une autorisation, donnée au conducteur par un agent, sur le quai ou par radio, qui lui donne l’assurance que toutes les conditions sont remplies pour le départ du train. Ce qui permet de croiser les informations et s’assurer que les deux agents sont informés du départ.
La suppression de cette autorisation laisse le conducteur seul responsable de son départ, sans avoir la totalité des informations.
Cette réforme augmente considérablement le risque d'accident en gare pour les usagers et les cheminots.
 

Mensonges de la direction et chasse aux cheminots par l’état
Contrairement à ce que la direction de la SNCF peut crier sur tous les toits, ce n'est pas une grève « sans préavis » ou « surprise » mais bien un mouvement massif de recours au droit de retrait pour protéger la vie des usagers et des agents, circulants dans des conditions dangereuses qui peuvent devenir dramatiques à tout moment. C'est un mouvement massif et conscient de cheminots qui tiennent à leur métier, à leur service public et avant tout à la sécurité des usagers.

Ce mouvement n'est certainement pas non plus une surprise pour la direction qui a été informée immédiatement de la situation et qui n'a pas réagi avant le lendemain. Elle a préféré monter les usagers contre les cheminots, envoyant une armée de cadre pour mettre en demeure les agents de reprendre le travail, contre l'avis de l'inspection du travail qui a validé les droits de retrait.

 

La CGT a immédiatement forcé la direction à une rencontre, au cours de laquelle cette dernière a refusé de revenir sur les réformes qui provoquent la situation désastreuse actuelle.

 

Lors de son intervention télévisée hier, le premier ministre E. Philippe a lancé une grande campagne de chasse aux « grévistes ». S’appuyant sur les mensonges de la direction il a incité les cadres de la SNCF à dénoncer et à poursuivre en justice les cheminots, sous prétexte de détournement de droit de retrait. Le gouvernement ne cesse d’ignorer la volonté du peuple et de mentir, essayant de monter les travailleurs les uns contre les autres. L’inspection du travail a validé les droits de retraits des cheminots, Edouard Philippe appelle donc simplement à la mise en danger de milliers de voyageurs. Ce n’est pas à lui de décider des conditions de travail des cheminots et ce sont les cheminots qui sauront quand les conditions de sécurité seront réunies pour faire circuler les trains.

 

Contre les retards, la gestion désastreuse : une seule solution, la gestion par les travailleurs

La gestion actuelle de la SNCF ne peut mener qu’à la catastrophe, elle veut forcer les cheminots à faire plus avec moins d’effectifs, moins de trains, moins de matériel. Dans ces conditions, veiller à la sécurité des voyageurs ne peut mener qu’à une accumulation des retards.

La direction de la SNCF préfère vendre des billets de train, en organisant trop de voyages aux heures qui conviennent aux usagers par rapport à ce que le réseau peut supporter avec les moyens actuels, et ensuite accuser les agents des retards quand ces derniers se soucient de la sécurité de tous.

Toute la responsabilité du mouvement de droit de retrait revient à la direction de la SNCF, qui laisse pourrir une situation délétère dans l'entreprise, qui pousse les cheminots à la porte et parfois jusqu'au suicide.

 

Ceux qui savent le mieux faire fonctionner le ferroviaire sont les cheminots. Ce sont les travailleurs du rail qui devraient organiser le flux ferroviaire. En mettant la priorité sur plus de circulation dans les meilleures conditions possibles. En planifiant le trafic, la maintenance, le développement du réseau, la formation des agents en fonction des besoins des usagers. Les cheminots au contrôle de la SNCF, pourraient faire circuler les trains dans les conditions de sécurité et en satisfaisant les besoins de la population.

La SNCF doit retrouver son rôle de service public ferroviaire et ne plus chercher à satisfaire les profits de quelques-uns au détriment de la sécurité de tous. Usagers et agents nous avons tous intérêt à défendre un monopôle public ferroviaire.
 

Solidarité avec les cheminots ! Solidarité entre les travailleurs !

Pour un service public de qualité, monopôle public ferroviaire !

Aituc general strike

Soutien à la classe ouvrière indienne en lutte !

Les 7 et 8 Janvier derniers, l'Inde a connu la plus grande grève générale de l'Histoire humaine avec plus de 200 millions de travailleurs mobilisés.

Lire la suite

50014499 358649811385559 6789366692427333632 n

Quelques éléments sur la situation politique actuelle

Cela fait plusieurs semaines qu'une colère populaire, légitime s'exprime en France. Les salaires de misère, le chômage de masse, les conditions de travail sans cesse dégradée ont fait sortir du silence des dizaines de milliers de travailleurs.

Face à cette grogne qu'il avait tenté d'instrumentaliser, le gouvernement et Macron ont été contraints de réagir en annonçant des mesures ridicules. La prétendue hausse de 100€ du SMIC consiste à une baisse des cotisations sociales de 20 € et à une augmentation de la prime d’activité de 80 € (augmentation déjà prévue...). Ce n’est pas une augmentation du salaire : les patrons ne vont rien payer de plus aux salariés !  De plus, tous les smicards ne touchent pas forcément la prime d’activité qui est calculée en fonction de différents paramètres (entre autres le temps de travail, la composition du foyer et les revenus du conjoint). Quand à la baisse de 20 euros des cotisations sociales, c’est une véritable régression. C’est le but du gouvernement, nous faire croire que notre pouvoir d’achat augmente en augmentant notre salaire net alors qu’il liquide notre droit à une santé gratuite (avec la Sécu) et à un revenu de remplacement quand on est expulsé de l'emploi (assurance-chômage).

BFM et tout les autres chiens de garde du capital ne nous auront pas : personne n’a pu décider de renoncer au combat après une telle déclaration.

Lire la suite