Non au fascisme, pas de Bastion Social !

  • Par jc13
  • Le 29/05/2018

04/02/2018
Manifestation antifasciste le 10 février 2018

Un Bastion Social ouvre ses portes à Aix en Provence samedi 10 février. Inconnue il y a de cela 6 mois, cette organisation n'est en fait qu'un recyclage raté d'anciens groupuscules fascistes et néo-nazis, tentant de sauter un pas organisationnel.

Bastion Social renoue avec l’expérience des centres sociaux italiens développés suite à l’abandon étatique de zones territoriales en Italie. Bastion Social est un essai de recréer l'expérience des centres sociaux italiens, qui se sont développés suite à l'abandon total par l'Etat de zones du territoire. Ces centres sociaux sont ancrés dans la culture et les traditions militantes italiennes, et balayent la globalité du spectre politique.

Mais c'est surtout de par ses liens avec Casa Pound que Bastion Social essaie d'exporter cette tradition. Casa Pound est une organisation ouvertement (et fièrement) fasciste, n'hésitant pas à se revendiquer de Mussolini. Ces liens sont vérifiables par la présence régulière de militants ou d'anciens responsables de CasaPound lors de manifestations fascistes sur Marseille ou Aix en Provence, ainsi que par les diverses initiatives européennes auxquelles ils ont participé...

Localement, le Bastion Social correspond à un rapprochement entre l'Action Française (le groupuscule fasciste le plus visible du département, mais pas le seul), des éléments du Groupe Union Défense, et d'autres conglomérats.

Avec son mot d'ordre démagogique "Les nôtres avant les autres", cette organisation s'inscrit dans la manoeuvre idéologique en cours dans les partis de droite et d'extrême droite, à savoir recentrer leur propagande sur la question des réfugiés, des immigrés, des étrangers. Ils forgent le renouveau du national socialisme. Tout comme le reste de cette tendance politique, FN en tête, elle se donne une vitrine acceptable avec un pseudo but social.

Les faits démontent déjà les discours de Bastion Social. Depuis l'ouverture de locaux à Lyon et à Strasbourg leurs seules actions ont été de multiplier des agressions à caractère haineux aux alentours de leurs locaux, de se faire détester par la majorité de la population, de diffuser une idéologie réactionnaire, appelant à la division entre les travailleurs sur des critères nationaux, ethnique ou religieux, pour in fine défendre les intérêts des monopoles capitalistes qu'ils prétendent combattre.

Mais si les forces fascistes connaissent ces dernières années un certain regain en force ce n'est pas pour rien. Ce sont les politiques antisociales menées par la vieille social démocratie du Parti soi disant "Socialiste", les politiques de fascisation et le développement de la division des travailleurs qui ont créé les conditions pour le développement du mouvement fasciste. L'instrumentalisation du terrorisme pour faire passer les mesures de l'état d'urgence, puis son inscription dans la constitution, la répression de plus en plus accrue contre les réfugiés et sans papiers par l'Etat, la criminalisation des syndicalistes et du mouvements social, .. sont autant de politiques laissant le champ libre à l'intervention politique des forces le plus réactionnaires.

Ce sont aussi les mesures anti-ouvrières telles les lois Macron, Rebsamen, l'ANI, le CICE, les lois Travail 1 et 2, les paquets d'Ordonnances Macron, ... qui précipitent certaines franges des travailleurs, dégoutés par ceux qui faisaient semblant de représenter leurs intérêts, dans les bras du fascisme. À ce titre nous nous refusons à toute alliance avec les forces qui prétendent lutter contre le fascisme dans leur discours, mais qui dans leurs actes font partie du camp de la bourgeoisie et des monopoles en guerre contre les travailleurs. Le fascisme n'est qu'un outil au service de la classe exploiteuse. Il est le dernier recours pour survivre à la déconfiture des partis traditionnels de l'alternance bourgeoise, comme organisateur de la plus grande division entre les travailleurs, par l'explosion de la légalité bourgeoise, la terreur anticommuniste, la militarisation de l'économie et le développement de la guerre impérialiste.

Que penser de toutes les forces qui justifient, excusent, les interventions impérialistes menées par l'Etat français pour le compte de monopoles, lorsque ces mêmes forces se déclarent ennemies du fascisme ?

Dès l'ouverture de Bastion Social à Lyon, puis à Strasbourg, nos camarades de la JC Lyon et de la JC du Bas Rhin ont énergiquement lutté contre ces nouvelles forces fascistes. Pas par opportunisme ou par humanisme naïf, mais parce que nous combattons sur tous les terrains les offensives de la bourgeoisie, dans l'objectif de créer l'unité du mouvement ouvrier pour la victoire contre le capitalisme, pour la révolution et le socialisme.

 

Combattre le fascisme, c'est combattre le capitalisme.

Nous sommes les héritiers de la Victoire. C'est l'Union Soviétique qui a réduit à néant l'essentiel des hordes prétendues invincibles de l'allemagne nazie. Elle y a laissé le plus lourd tribut, 26 millions de morts et des destructions innombrables. Les communistes français n'ont pas démérité dans cette lutte, les premiers à résister, les premiers fusillés, le Parti Communiste a payé le prix du sang pour la lutte réelle contre le nazisme.

Nous ne reculerons jamais devant les fascistes, l'Histoire les condamne par avance, ils ne sont rien de plus que les derniers défenseurs les plus acharnés d'un ordre pourrissant et dégénéré, voué à être jeté à bas par ceux qui le font tourner, les travailleurs.

Leur montée en force, les hésitations de cercles dirigeants à les aider à se renforcer, ce sont autant de signes que la crise capitaliste progresse en intensité, sur les plans économiques, sociaux et politiques. Autant de signes de la décrépitude croissante et du désespoir  sur le long terme pour la classe capitaliste. Si aujourd'hui la bourgeoisie n'a pas encore besoin d'eux c'est parce qu'elle a réussi à recréer une forme de consensus politique, d'acceptation de l'ordre établi autour d'Emmanuel Macron.

Mais le capitalisme ne peut pas surmonter ses contradictions. Son existence repose sur l'exploitation toujours plus intense des travailleurs, sur la mise en place du chômage de masse, de la misère, des guerres. Ceci la classe ouvrière ne le tolérera pas pour toujours, aussi la classe bourgeoise se laisse une force de réserve dans le cas où il soit nécessaire d'intensifier sa dictature. Tant que la société sera aux mains des capitalistes, le danger fasciste perdurera, ce n'est qu'en renversant le pouvoir des monopoles et en édifiant la société socialiste, débarrassée de l'exploitation de l'homme par l'homme, que le fascisme sera à jamais vaincu. C'est pourquoi nous nous opposons simultanément à tous les partis qui défendent l'ordre bourgeois, qu'ils soient social-démocrates, libéraux, conservateurs ou fascistes !

Contre l'ouverture du Bastion Social, nous appelons à la mobilisation la plus large, samedi 10 février à 15h30 place de la Mairie à Aix en Provence !

Pour la fermeture de ce local néo nazi, la dissolution de cette organisation et de tous les autres groupuscule fascistes.

Nous sommes l'avenir, parce que seule la classe ouvrière a un futur !