Le chômage : Arme au service du capitalisme

  • Par jc13
  • Le 09/05/2018

L’accumulation du capital et l’exploitation des travailleurs conditionnent l’existence du capitalisme : il s’agit pour les capitalistes, détenteurs des moyens de production (les usines, les machines, la terre, tout ce qui permet de produire ce que l’on consomme et dont on a besoin), d’accroître les capacités de production pour faire toujours plus de profits. 

Pour réaliser du profit, les capitalistes ont besoin d’exploiter les travailleurs : il faut que des gens travaillent pour transformer les matières premières qui seront alors revendues et créer ainsi des richesses. L’argent tiré de ces richesses est en partie (une toute petite partie) reversé aux salariés (c’est notre salaire). L’autre partie (une très grosse partie) constitue le profit réalisé par les patrons

Une partie de ce profit est réinvestie dans les moyens de productions (on achète plus de machines, plus d’usines…) pour produire plus, et ainsi générer encore plus de profit. Sans cesse les patrons tentent de diminuer les salaires pour augmenter leur profits : moins ils nous payent, plus ils sont riches ! 

 

Cette course à l’accumulation du capital conduit nécessairement à des crises de surproduction, crises systémiques inhérentes au capitalisme. Les bourgeois ne trouvent pas de débouchés pour leur production : par exemple une fois que tout le monde a une voiture (une maison, une machine à laver…), il est plus difficile de vendre les nouvelles. 

Ils vont donc chercher de nouveaux débouchés par la force, via la colonisation ou la guerre (on détruit les routes, les maisons et les machines à laver pour en reconstruire et en vendre des nouvelles). Ils peuvent aussi détruire une partie de la production et des capacités de production, engendrant la « propre négation du mode de production capitaliste » (*Marx) (on détruit le surplus de nourriture produit qui ne se vend plus par exemple).

 Ces crises conduisent à un chômage de masse : le système produit trop, les marchandises ne se vendent plus, donc les patrons qui ne font plus autant de profit se séparent de la main d’œuvre qu’ils jugent désormais inutile. 

Cela permet du coup à la bourgeoisie de maintenir les salaires au plus bas, et d’instaurer une concurrence au sein du prolétariat entre travailleurs en poste et privés d’emploi pour éviter qu’il s’organise contre l’exploiteur. 

Les chômeurs constituent  ainsi « l’armée industrielle de réserve » qui permet d’exercer une pression sur les salaires alors même la productivité et les capacités de production augmentent.

Pour cela, les licenciements sont un des outils privilégiés des capitalistes.

Dans le privé les plans sociaux se multiplient, dans le public les non remplacements et les suppressions de postes ferment les portes de l’emploi : quoi qu’on en dise le chômage réel augmente !

Faciliter les licenciements permet au patronat de puiser librement dans cette réserve de chômeurs en fonction de la conjoncture économique. Les luttes récentes contre la loi travail témoignent de la volonté du pouvoir en place de servir les intérêts de la bourgeoisie en facilitant le licenciement économique.

 

Travailleurs précaires, nouveau régiment de l’armée de réserve ? 

Les contrats précaires sont l’autre outil favori des capitalistes : ils permettent un meilleur ajustement de la masse salariale tout en continuant d’accroître la plus-value résultant de l’exploitation de ces travailleurs précaires. Les contrats Intérim, contrats aidés, CDD, services civiques… existent pour permettre aux patrons de disposer d’une main d’œuvre bon marché (les salaires sont bas, l’Etat aide les entreprises à payer…) dont ils peuvent se séparer très facilement. Ces travailleurs sont donc en quelque sorte en emploi et chômeurs à la fois, alternant le travail à temps partiel, l’exploitation intense en période de rush, le chômage longue durée… 

L’existence de ces contrats permet de tirer vers le bas tous les droits acquis par les travailleurs, et également de les empêcher de s’organiser pour se défendre (qui va oser demander un meilleur salaire quand son contrat de travail est renouvelé tous les mois ?)

D’autre part, par le recours aux contrats précaires et les manœuvres visant à rayer les demandeurs de Pôle emploi (cf. article page 23), les valets de la bourgeoisie manipulent les chiffres du chômage. Le taux de chômage, loin d’être un indicateur au service du progrès économique, n’est qu’un outil inséparable du mode de production capitaliste. L’image du soi-disant modèle allemand est souvent évoquée à ce sujet. Il est intéressant de voir qu’en Allemagne si le taux de chômage est bas c’est parce qu’il existe des contrats de 0 heure (il existe un contrat de travail mais on ne vient travailler que si le patron appelle), s’accompagnant de salaires misérables (si il n’appelle pas, pas de travail, pas de salaire) : clairement pas un exemple pour qui veut vivre dignement de son travail !

Le chômage est inhérent au capitalisme. Il est un moyen de diviser le prolétariat en imposant une concurrence entre privés d’emploi et travailleurs, un moyen d’exercer une pression sur ces derniers pour détériorer leurs conditions de travail, conduisant ainsi l’ensemble de la classe exploitée à la précarité.

 

Chômage et précarité : les deux facettes de la désindustrialisation.

Le processus de désindustrialisation en cours dans le département s’inscrit dans la logique du développement capitaliste. Les fermetures d’usines et les délocalisations plongent dans le chômage de nombreux travailleurs. Elles viennent d’un besoin pour les grandes entreprises françaises et multinationales  de produire dans d’autres pays, où les salaires très bas et les conditions de travail très peu règlementées permettent une exploitation accrue et donc d’augmenter leur profit, objectif permanent des capitalistes.

Dans le même temps leur but est de centrer la production sur les services, la logistique, l’industrie du tourisme et les secteurs qui en découlent : le projet Euromediterranée en est un bon exemple, voulant façonner Marseille en une ville touristique et lui donner un « standing » impliquant aussi d’expulser les couches populaires du centre-ville. Les emplois dans le secteur tertiaire étant déjà sujets à de nombreux contrats précaires et à des conditions de travail scandaleuses, le caractère saisonnier du tourisme est la justification ultime de la précarité organisée.

Ces changements dans la production et leurs conséquences sur l’emploi viennent directement de la nature aberrante du mode de production capitaliste. La production est majoritairement détenue par de gigantesques monopoles qui font jouer la concurrence internationale entre les travailleurs à leur profit, et qui accumulent tellement de capital que leur principale préoccupation est de trouver des débouchés pour l’exporter.

Pour les travailleurs en France cela signifie chômage et précarité, tandis qu’à l’étranger la production de richesse est tournée vers les intérêts des monopoles français, au dépend de leurs propres besoins et ressources. 

L’Union Européenne joue un rôle important dans cette valse, permettant toujours plus la mise en concurrence entre les travailleurs.

Face à cette dynamique la lutte pour l’emploi est forcément une lutte contre le capitalisme, et pour la préservation de l’outil industriel là où il subsiste. Mais les liens que le capital a avec les autres pays imposent également une coordination internationale des luttes ! En s’opposant à l’impérialisme sur le plan économique, tout en luttant conjointement contre le chômage et la précarité, la perspective d’une ré-industrialisation est possible !

 

Article du journal l'Avant-Garde Janvier 2017

 

 

 

L’armée de reserve, c’est quoi ?

L’armée industrielle de réserve, ou armée de réserve de travailleurs est un concept défini par Marx pour désigner l’ensemble des travailleurs inemployés. Loin de chercher à faire disparaitre le chômage, le mode de production capitaliste se caractérise par un chômage permanent résultant à la fois des crises de surproduction, et d’une volonté de pouvoir exercer une pression sur les salaires et sur l’emploi. Si les salariés mécontents se mettent en grève et bloquent la production, les patrons peuvent toujours embaucher ceux qui ne travaillent pas et sont dans la misère. Cette armée de réserve de travailleurs privés d’emploi permet au patronat d’imposer à l’échelle locale et mondiale la généralisation du travail précaire.

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