26/06/2016 L'état Mexicain : violence organisée pour garantir les profits et le pouvoir des monopoles

  • Par jc13
  • Le 14/05/2018

Communiqué - Analyse du Parti Communiste Mexicain

Le sextennat de Peña Nieto est celui de la faim, de la misère, du terrorisme d’État et de la violation des droits humains, de la surexploitation du travail et d'une grande corruption.

La répression contre les travailleurs s’accroît ; les dépenses publiques destinées à renforcer les divers instruments répressifs (armée, marine, police fédérale, gendarmerie, police d’État, police municipales et groupes paramilitaires) et les infrastructures judiciaires et carcérales s'accroissent également. Le nombre de prisonniers, de disparus, de morts augmentent aussi. La ploutocratie à la tête de la listes de Forbes (qui dénombre les plus riches du monde) n'hésite pas à faire couler le sang de partout où elle le peut.

Le gouvernement fédéral, le pouvoir législatif et la cour suprême ont effectué, ces dernières années, une série de modifications constitutionnelles et réglementaires qui ont pour objectif de limiter l'action politique des travailleurs et des secteurs populaires organisés, avant le prévisible accroissement de leurs réponses aux mesures de choc sensées dévaloriser le travail, qu'ils ont approuvé ces dernières années dans le contexte de la crise économique du capitalisme. Réforme du travail, réforme éducative, réforme judiciaire, réforme fiscale, contiennent dans leur essence une attaque contre les droits du travail et syndicaux conquis cette dernière centaine d'année par la lutte prolétarienne, avec la fondamentale intervention des révolutionnaires et des communistes. Elles ont induit aussi une politique économique sensée conserver et augmenter les bénéfices, les profits des monopoles, aux prix de la pulvérisation du niveau de vie des travailleurs, de la paupérisation de la classe ouvrière et de leurs familles.

Avec un chômage croissant, avec la misère qui touche les travailleurs et leurs familles, avec un système éducatif et de santé à l'abandon, avec les détériorations du travail qui rendent propice les crimes industriels, avec les licenciements massifs dans les secteurs publics et privés, il faut s'attendre à la mobilisation, au chômage, à la grève des travailleurs des différentes branches et secteurs de l'industrie et des services. Les mobilisations et les luttes ne pourront, de toute façon, que acquérir des formes nouvelles, dans le contenu et la radicalité, pour se confronter effectivement au pouvoir des monopoles.

C'est pourquoi en plus du renforcement de l'appareil répressif, il y a une obstination des secrétaires d’États et des différents fonctionnaires à joindre aux manœuvres et négociations frauduleuses de licenciement et d'incarcération des manœuvres qui cherchent à étouffer la lutte de classe. Les exemple de ces « chiens-policier », sont Aurelio Nuño, secrétaire de l'éducation publique, Rafael Moreno Valle, gouverneur de Puebla, Miguel Angel Mancera, chef du gouvernement de la ville de Mexico et Ricardo Monreal, chef délégué du Cuauhtémoc. Si l'un est le chef du PRI, l'autre du PAN, l'autre du PRD et le dernier de MORENA, ça n'a pas d'importance. En fait, tous défendent à feu et à sang la conservation de l'ordre, l’État de droit. Cette enveloppe de légalité de ce régime criminel nourrit l'exploitation, le dépouillement et suce le sang de millions de prolétaires jour après jours.

Journalistes et travailleurs de la communication sont assassinés dans la totale impunité par des sicaires au service de l’État pour empêcher la diffusion de la vérité et pour que les uniques informations qui circulent conservent une muraille qui rend invisible la réalité. Les groupes de narcotrafiquants, entrelacées avec le gouvernement, exécutent les lutteurs populaires. Les mécanismes répressifs sont orientés pour immobiliser, démobiliser et semer la peur et la désespérance. Ainsi, sont détenus, assassinés, aussi bien les syndicalistes que les communistes, les femmes et les hommes, les jeunes ou les enfants. Le terrorisme d’État n'est arrêté par aucune norme internationale, ni observation nationale ou internationale des droits humains.

La répression est aussi bien exercée par les administrations du PRI, que par ceux émanant du PAN, PRD,MORENA,PVEM,PT ou n'importe quel autre parti enregistré. Malgré leurs différences, ils s'unissent, se coordonnent, se protègent dans les intérêts suprêmes de l’État (la défense de la propriété privée, l'exploitation du travail salarié, l'extraction de la plus-value). L'application de l’État de droit est leur programme commun. Dans le même sens, on voit s'amplifier la participation des candidatures « indépendantes » comme un véhicule dans lequel on peut trouver dans la représentation politique directe les chargés des trafics de drogues, plus les propres partis enregistrés dans le INE, qui sont des blanchisseurs d'argent sale. La nouvelle sociale démocratie est aussi brandie comme barrière de contention des luttes des secteurs populaires, et attire l'attention de la politique spécifique d'alliance de MORENA pour gagner l'équipe de direction par le vote en sa faveur, détournant la lutte et semant la méfiance dans le potentiel de l'activité politique extraparlementaire et en dehors des voies institutionnelles

La répression doit être confrontée à ses origines, comme un des piliers qui soutiennent la classe dominante et son système social d'exploitation et d’oppression, c'est à dire avec une approche anticapitaliste et antimonopolistique.

Les répressions de ces derniers jours contre les travailleurs de l'éducation, incluant leur expulsion de la ville de Mexico, qui violent les garanties individuelles, provoquent certaines lecteurs équivoques sur le caractère de l'Etat : depuis peu, une nouvelle appréciation erronée surgit et veut considérer fasciste n'importe quelles manifestations de violence et répression.

Il est convenu de signaler que dans la Plaza de Senta de Domingo, partageant la lutte et les risques, joints aux travailleurs de la éducation s'est trouvé, un contingent de militants et de cadres du Parti Communiste Mexicain et de la Fédération des Jeunes Communistes. Malgré le fait qu'ils subissent dans leur propres chair les actes arbitraires et la répression, malgré que cinq camarades du PCM ont été assassinés durant le sextennat de Pena Nieto, que plusieurs des nos camarades se trouvent en prison ; qu'est toujours disparu , dans Tamaulipas, le camarade Enrique Lopez, membre du comité central du PCM, que nous sommes confrontés quotidiennement à la persécution et au harcèlement, nous n'allons pas commettre l'erreur de faire des évaluations disproportionnées, donc pour que la lutte soit efficiente, judicieuse, conduite avec une stratégie et tactique correcte, l'analyse doit s'ajuster à la réalité, sans exagération ni de façon alarmiste, comme on l'habitude de le faire les forces de « gauche » manquant de sérieux et qui conduisent à la spéculation.

Des groupes et des organisations populistes, confus idéologiquement, annoncent depuis des années que le fascisme arrive, que le fascisme est déjà arrivé, que le fascisme est déjà là. Avec le même manque de sérieux qui appelle grève générale n'importe quelles mobilisations sans s'efforcer au minimum de procurer la paralysie de la production, ce qui signifie un effort d'organisation dans chaque centre de travail. La banalisation de la caractérisation, la banalisation du discours politique conduit la lutte d'erreur en erreur, d'échec en échec. Les communistes nous savons ce que le fascisme signifie, et encore plus ce qu'est le social-fascisme. Il n'est pas simple de le caractériser, de trouver les traits que le distinguent et le différencient des autres formes de gestion bourgeoise, de longues années, quasi une décennie de débat dans l'internationale communiste, ont été nécessaire pour arriver à la conclusion qu'à exprimé son VII congrès.

La dictature de la classe bourgeoise au Mexique parvient à maintenir une façade démocratique puisqu'elle sait qu'ainsi sa rentabilité sera meilleure. Elle sait qu'elle peut encore s'en remettre au système juridique en vigueur pour ainsi garantir la stabilité du mode de production capitaliste, pour maintenir intacte l'organisation économique, politique et sociale qui génèrent tant de bénéfices au pouvoir des monopoles. Cette façade démocratique légitime la terreur, la torture, l'obscurantisme, l'anticommunisme, sans nécessité de diluer l'institution démocratico-bourgeoise. L'autoritarisme et la démocratie bourgeoise vont de pair.

Ceux qui insistent à caractériser improprement comme fasciste le gouvernement mexicain sont en train de chercher un alibi pour que nous plions tous nos drapeaux et abandonnions nos objectifs en faveur d'une nouvelle sociale democratie et que, d'une manière ou d'une autre, nous concentrions nos forces à renforcer la démocratie bourgeoise, atténuant les expressions radicales de l'antagonisme avec l'illusion de résoudre électoralement les problèmes majeurs, et que nous repoussions les manifestations du pouvoir populaires pour préserver l'institutionnalisme.

Bien sur, nous le PCM nous appelons à la lutte franche et ouverte contre le pouvoir des monopoles. Nous avions confiance dans la puissance des travailleurs mexicains, dans leur capacité à s'organiser et combattre, dans le pouvoir des masses exploitées et opprimées comme on l'a démontré à Atenco, au Oaxaca durant la APPO ou au Chiapas pendant les accrochages récents du corps enseignant contre les forces fédérales.

La tactique utilisée par les forces opportunistes de mobilisation-négociation-mobilisation est chose du passé. Les travailleurs nous devons lutter pour adapter notre unité dans un front anti-monopolistique, anticapitaliste et anti-impérialiste avec l'objectif pragmatique de renverser le pouvoir des monopoles. Ceci est notre tache.

Prolétaire de tous les pays unissez vous !

Le bureau politique du comité central