Antifa

Mobilisons nous contre le fascisme

  • Par jc13
  • Le 24/05/2018

10/10/2017 
Manifestation samedi 14 octobre à Marseille

Le 14 octobre prochain l'Action Française, groupe monarchiste fascisant, organise sa réunion de rentrée à Marseille dans son local rue Navarin. Nous nous joignons à l'appel déjà lançé par le collectif antifasciste d'organiser une manifestation au départ de la plaine à 15h. Mobilisons nous pour rejeter les fausses divisions dans lesquelles les chiens du capital essaient de nous enfermer, réaffirmons l'unité de tous les travailleurs face au fascisme et à l'impérialisme ! 

L'Action Française est un groupe réactionnaire, qui a prouvé de nombreuses fois son rôle politique et idéologique : répandre la division parmis les travailleurs par le racisme, la peur de l'autre, la xénophobie et l'islamophobie. Cette organisation a cependant à coeur de promouvoir la collaboration entre les classes sous des slogans comme "l'alliance du petit et du grand". Elle partage avec de nombreux autres groupes fascistes un anti-communisme et un anti-syndicalisme primaire (ou tout du moins anti-syndicalisme de lutte). 

Ces positions sont à la fois exprimées par la propagande que cette organisation distribue, ainsi que par ses diverses actions locales : tentatives d'attaques contre nos locaux ou aux abords de manifestations étudiantes, diverses agressions près de leur local, ... 

Nous mettons en garde ceux qui pourraient être attirés par le vernis social de la politique prônée par cette organisation. Il est notable que l'Action Française s'est positionnée à de nombreuses reprises contre l'Union Européenne, jouant à la fois sur la légitime colère des travailleurs, et reprenant des thèses habituelles sur l'immigration et son prétendu rôle "anti-français". Mais se borner à revendiquer la sortie de l'UE ne veut pas dire aller forcément dans le sens des travailleurs. La bourgeoisie française a très majoritairement intérêt à rester dans l'UE, mais une part de celle ci pourrait profiter d'une sortie pour commercer avec d'autres partenaires, ou pour bénéficier de normes différentes dans la production et le commerce. Si cette part est aujourd'hui minoritaire, la situation peut être amenée à changer. Ce qui impacte les travailleurs, c'est que l'UE favorise leur mise en concurrence et qu'elle est donc un outil pour les licenciements, les délocalisations et le nivellement par le bas des droits sociaux. Sortir de l'UE c'est affaiblir la classe capitaliste française en la privant d'un outil dans la lutte des classes, mais ce n'est pas une victoire sociale directe. C'est pourquoi seul un mouvement populaire fort, porteur des revendications sociales de la classe ouvrière, pourra venir à bout de l'appartenance française à l'UE dans une orientation progressiste, c'est à dire en faisant avancer ses revendications sociales grâce au coup porté contre le pouvoir capitaliste. 

L'impasse actuelle du Brexit doit aussi nous servir de leçon, comme quoi la rupture institutionelle avec l'Europe est impossible. N'est réaliste que d'envisager une rupture unilatérale avec l'UE. À ce titre les J.L. Mélenchon et M. Le Pen, les F. Asselineau et N. Dupont-Aignant ne proposent aucune solution concrète pour une sortie nette de l'UE, qui améliore les conditions de vie et de travail de la classe ouvrière, et stoppe l'hémorragie d'emplois et de salaires ayant cours en France. En voulant passer par les institutions de l'Europe pour en sortir ils proposent des solutions radicales en paroles mais bien inefficaces en actes, ils montrent bien qu'ils ne représentent pas les intérêts de la classe ouvrière et des masses populaires, qui sont les seules à porter par leur condition sociale un intérêt à la rupture unilatérale. Ils ne font que surfer sur le rejet populaire légitime de l'Union Européenne de façon populiste, en proposant des solutions qui dévoient la colère des masses sur des perspectives stériles. Ils neutralisent la révolte des masses d'un côté, et sécurisent leurs intérêts opportunistes de l'autre par ces politiques. C'est en ce sens que notre organisation n'a jamais accordé de crédit aux prétendues luttes contre l'Union Européenne soi disant menées par ces courants politiques. Le fait que l'Action Française aie appelé à soutenir ces 4 factions est quant à lui révélateur du manque de consistence dans sa volonté de rupture, mais également du caractère profondément antipopulaire de sa ligne. 

Bien que se targuant d'une composante sociale comme d'une composante nationale, l'Action Française ne peut se permettre de prendre une orientation claire de classe. Elle évite soigneusement de révéler derrière chaque problème social qu'elle met en avant tout le système qui organise les inégalités, la misère, l'exploitation, les guerres, le chômage et les vagues de réfugiés : le capitalisme dont le fondement le plus important est l'inviolabilité de la propriété privée des moyens de production. Derrière chaque argument de conciliation entre les classes elle justifie de fait le pouvoir capitaliste. Elle aura beau dénoncer le terrorisme, elle n'en reste pas moins un des éléments les plus idéologiquement liés à l'impérialisme, pointant du doigt l'immigration comme responsable de tous les problèmes en réalité produits par le capitalisme. Ce faisant elle alimente le consensus politique autour de l'union sacrée pour la guerre impérialiste, la même qui alimente le terrorisme et qui pousse des centaines de milliers d'habitants à fuir à travers la méditerannée au péril de leurs vie. Les tentatives maladroites de récupérer des combats d'indépendance nationale, comme la lutte du peuple palestinien, ne doivent pas nous tromper.

Le seul internationalisme dont est capable cette organisation, c'est l'entre soi de la réaction européenne. En ce sens, cette organisation comme tous les autres groupuscules fascistes européens n'ont aucun problème à s'allier et à se coordonner en "oubliant" leurs désaccords sur le soutien aux combats d'autodéterminations des peuples ou non, sur la nature du régime politique qu'ils entretiennent, leur positions officielles sur l'antisémitisme, leur niveau de référence au fascismes des années 30-40, etc. Dans ces coopérations ne subsiste que les éléments les plus centraux et les plus essentiels de leurs politiques, ceux qui les définissent réellement : la propagation d'armes idéologiques à la solde de l'impérialisme, de la division entre les travailleurs, de la collaboration de classe, et de la perpétuation éternelle de la dictature du capital. En somme, ils démontrent parfaitement leur nature d'appareil d'enfumage idéologique ayant vocation à tourner les travailleurs contre leurs propres frères, dans la guerre entre les peuples, les nationalités, les ethnies, les religions, les sexes, mais jamais les classes. 

Les Jeunes Communistes des Bouches du Rhône appellent à participer à la manifestation antifasciste du 14 octobre, afin de rejetter les sirènes du nationalisme et de ne pas se faire attirer sous de faux drapeaux servant de cache sexe à la dictature du capital. Le fascisme a toujours été, est, et restera, le bras armé de l'impérialisme, de ses guerres aux dépends des travailleurs, de son autoritarisme et de ses lois anti-sociales.

Opposons au fascisme à l'UE, à l'OTAN et à l'état d'urgence, la solidarité entre les travailleurs, l'anti-impérialisme et la lutte pour le socialisme !