La FNAC rachète Darty, les profits montent et le chômage avec lui

  • Par jc13
  • Le 24/05/2018

01/12/2017 
Les travailleurs luttent contre le chômage organisé par le patronat

La JC 13 était présente mardi 28 novembre dernier, en soutien d'un blocage devant le dépôt de Darty situé à la Valbarelle, à Marseille. Cette action, inititiée par le syndicat CGT du dépôt, a eu lieu en réaction au récent plan de soi disant "restructuration" annoncé dans l'entreprise : la direction entend sans soucis licencier 63 travailleurs sur les 120 du site, soit plus de la moitié des effectifs d'un seul coup !

Il est notable qu'au delà des pleurnichements habituels sur le déficit de tel ou tel secteur de l'entreprise, qui n'est que le fruit de magouilles comptables, Darty a été récemment racheté par la FNAC pour la somme de 1.16 Milliards d'Euros. Et l'ensemble de la presse économique bourgeoise d'encenser le rachat, de mettre sur un piédestal la croissance et les bénéfices dégagés par Fnac - Darty depuis 2015, de vanter les mérites des "synergies" développées par la fusion.

Prenons pour exemple Le Figaro qui publiait en mars dernier :

"En 2016, le bénéfice opérationnel courant de Fnac-Darty s'est élevé à 161 millions d'euros alors que le consensus s'élevait à 142 millions. [...] Cette amélioration est à mettre au crédit des premières synergies donc, mais aussi de la bonne exécution des plans de réduction des coûts et de la croissance de l'activité. Cette dernière a bondi de 43,6% en 2016 à 5,37 milliards d'euros, du fait de l'intégration de Darty. En données proforma, la croissance s'élève à 1,9% pour 7,42 milliards d'euros."

La satisfaction de la direction, la "bonne conduite" de la fusion, les résultats prometteurs, etc, ne sont joyeux que pour les patrons ! Derrière les chiffres se cachent les dures réalités du chômage et de mensonges comptables visant à le justifier : en isolant du processus productif tel ou tel dépôt, en reportant ses recettes sur d'autres lignes comptables, etc, ont fabrique une dette artificielle, pour justifier qu'un site n'est pas rentable et qu'il faut licencier encore et toujours, augmenter les cadences ou les horaires sans augmentation de salaires, ... C'est la musique de la restructuration qui commence à être habituelle, tant elle est pratiquée par tous les monopoles et jusque dans les services publics que l'Etat cherche à déboulonner.

C'est pourquoi aujourd'hui il est chaque jour plus évident que le chômage est organisé consciemment par le pouvoir capitaliste. Qu'il est le problème de tous les travailleurs dont aucun n'est aujourd'hui à l'abri de ce fléau. C'est le signe d'une société incapable d'employer toutes ses forces vives dans la production, dont le potentiel la dépasse et qui freine autant qu'elle le peut pour ralentir son propre développement. Les patrons mettent au chômage une part de plus en plus importante de la classe ouvrière, n'employant qu'en partie les moyens de productions qu'ils possèdent et freinent le développement scientifique en bloquant la diffusion de brevets...

Tout ceci dans le seul but de limiter le développement des capacités productives. Pouvoir produire plus signifie faire baisser la valeur des marchandises, mais également saturer encore plus les marchés. C'est de cette façon que les crises propres au système capitaliste se déclenchent. Parce que les capitalistes produisent pour le profit, ils ne peuvent faire autrement que de limiter leur production, par toutes ces méthodes.

La mise au chômage forcée de travailleurs, soixante chez Darty, plusieurs millions en France, permet de faire pression sur les travailleurs encore en emploi, de réduire leurs salaires et de dégrader leurs conditions de travail. C'est placer les travailleurs dans des conditions idéales pour les intérêts des patrons, en les disposant à accepter n'importe quel travail pour ne pas tomber dans la misère totale. C'est pourquoi le combat contre le chômage doit être mené partout, que les patrons projettent une poignée de licenciements ou qu'ils sabrent les effectifs il revient à tous les travailleurs de s'opposer à leur volonté, et plus avant, de revendiquer plus d'emplois. En particulier, les chômeurs ont tout intérêt à rejoindre la CGT et ses Comités de Privés d'Emploi et de Précaires pour s'organiser et se battre aux côtés des travailleurs en emploi contre le chômage de masse et la casse de l'outil de travail, mais également pour gagner des emplois stables et assurant une vie digne.

Pour ces raisons le chômage est une des question les plus importantes pour l'ensemble de la classe ouvrière, l'un des indicateur du degré de crise que traverse le système capitaliste et l'un des signes les plus évident de son absurdité et de son incapacité à organiser la société. Aucune mesure de "réforme" ou de "recalibrage" ne pourra contrecarrer l'existence du chômage. C'est uniquement l'organisation d'une société nouvelle, dans laquelle la production n'est pas bornée aux question du profit, mais qu'elle vise à satisfaire les besoins de tous, que les conditions seront remplies pour donner à chacun un travail digne. Une telle société a existé, c'est la société socialiste : pendant 70 ans une partie de la terre ne connaissait pas le chômage, parce que l'Etat était au mains des travailleurs, et l'économie planifiée et socialisée afin de répondre aux besoins de tous, pas aux profits de quelques uns.

100 ans après la révolution d'Octobre, ceci inspire nos luttes quotidiennes et leur donne espoir : il est plus que jamais possible de créer cette société nouvelle débarrassée des fléaux qui gangrènent l'actuelle. Dans chaque lutte nous sommes confronté à la classe capitaliste mais son règne ne peut durer éternellement.

 

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